« Nina » (A matter of Time) est le dernier film de Vincente Minnelli et le seul où il filme sa fille chérie : Liza, devenue une star depuis Cabaret réalisé par Bob Fosse quatre ans plus tôt. C’est avec un amour infini qu’il tente de nous faire croire qu’elle est une des plus belle femme du monde. Certes dix ans trop âgée pour le rôle, elle offre néanmoins une (jolie) silhouette de jeune femme et une frimousse d’adolescente (mignone à défaut d’être belle). La première partie du film malgré l’intérêt de la découverte des deux femmes l’une vers l’autre, permet à la Contessa Sanziani (Ingrid Bergman déchirante) de révéler à Nina sa vraie nature. Malheureusement un découpage pas toujours pertinent (une heure de film furent coupés, expliquant sans doute le minuscule rôle de Charles Boyer), un montage relâché et parfois des scripts pas assez travaillés freinent le rythme. Mais à partir du carnaval de Venise jusqu’à la fin, en passant par une émouvante audition de Nina seule face à la caméra, le grand Vincente Minnelli est de retour, lui qui semblait à bout de souffle pour « Melinda » (On a Clear Day You Can See Forever) réalisé six ans plus tôt. Dans ce film inégal et exploitant trop peu la voix extraordinaire de sa fille, Minnelli dans cet étrange leg de personnalité, reprend avec panache le chemin des destins qu’il aime tracer. C’est également son testament, puisqu’il s’éteindra dix ans plus tard sans réalisation supplémentaire. Pas de sortie française hors télévision. Ni en salles, ni en DVD.