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Un visiteur
4,0
Publiée le 13 septembre 2007
Des personnages qui ne savent pas mentir mais qui sont victimes d'erreurs de jugement ou d'illusions : mais l'un ne va pas sans l'autre. C'est de ce paradis originel dont nous parle Rohmer. Le cinéma de Rohmer est un cinéma de l'idée et de la pensée et les images sont au service de celles-ci, à l'opposé de tous effets spéciaux. Nos sens sont assez imparfaits pour suffir à créer l'illusion. Même si Rohmer a vraisemblablement manqué de moyens, le cinéaste s'en joue avec beaucoup d'humour et par un jeu de miroirs imbriqués nous fait sentir à quel point tout n'est qu'illusion. Le petit texte d'introduction donne le ton et peut être la clé : Les amours d'Astrée et de Céladon sont une vision de la Gaule par la société du XVIIème siècle. Mais celle-ci ne fait que projeté en des temps anciens les idées du jours.
Plaisir des yeux : tout le charme des jeunes interprètes, si beaux, si immatériels et pourtant si désirables; douceur du cadre totalement naturel et champêtre. Elégance des dialogues dans la langue si construite du XVII° siècle. Charme de ces sentiments anachroniques et de l'érotisme subtil de certaines scènes (Astrée endormie, ambiguité de la beauté de Céladon). .. Pourtant je n'ai jamais pu entrer dans le film et je l'ai regardé comme un bel objet, harmonieux mais parfois à la limite du ridicule. Mais peut-être Rohmer s'est-il à la fois fait plaisir et doucement moqué du spectateur "rohmérien" (les autres ne verront pas le film).
Superbe, merci Rohmer pour toute cette finesse, cet esprit libre, cette audace de servir un si beau texte et de le servir de cette façon si unique, si belle, si surprenante...il faut se laisser porter devant un tel film...laissez vos craintes au vestiaire, calez vous bien dans votre siège et acceptez l'indicible.
Qulle honte de faire un film pareil quand il y a des centaines de bons films qui sont en attente d'être produits. La photographie est nulle, l'image est donc très moche. Certes les paysages sont beaux et bucoliques et raviront des parsiens qui ne visitent jamais la ruralité française. Mais comment peut-on s'émouvoir face à des acteurs et actrices qui ne savent pas jouer, qui ne savent pas dire la prose. On aurait dit des gamins qui récitent la poésie qu'on leur a fait apprendre à l'école. De plus la langue n'est pas appropriée pour des gaulois qui, à mon avis, ne s'exprimaient pas aussi élégamment. On me dira alors que c'était une version du XVIIIè siècle ou je ne sais quoi. Je m'excusee alors de vivre au XXIè siècle et de vomir sur des reproductions aussi grotesques, et je suis même outrée d'avoir dépenser 6,20euro pour un somnifère aussi ennuyant!
Tout simplement envoûtant et sublime ! Film d’une grande fraîcheur qui avec sa volonté d’anachronisme nous narre une histoire intemporelle sur la fidélité. Rohmer fait évoluer ces personnages dans une nature à la fois envoûtante et réaliste. Le casting est stupéfiant : de jeunes acteurs brillants, qui malgré un texte en vieux français et des situations difficiles nous font rêver, tant la pureté de leurs jeux fait vibrer. Andy Gillet a un charisme et une beauté telle, qu'il est aussi troublant en berger qu'en fille de druide. A 87 ans Rohmer, et ce pour la première fois, aborde le thème de l’homosexualité et nous offre un très beau message. Merci Eric…
Voici un ocni (objet cinématographique non identifé). Le style peut surprendre... il n'y a qu'à voir les critiques tranchées auxquelles il a donné lieu.
Je pense que ce qui plait ou déplait est le fait que ce film reprend une histoire du 17° siècle et la présente telle qu'elle aurait probablement été montée au théatre à cette époque. c'est un peu vieillot et surané dans le jeu, l'esthétique et le propos.
Mais comment donc traiter autrement un tel sujet! au milieu de l'intrigue amoureuse se glissent ce genre de réflexions philosophiques inspirées des dialogues de platon mais revus à la sauce 17°.
EN bref, on est étonné mais on passe un très bon moment.
Une petite leçon sur l'art du couple de temps en temps ne fait pas de mal. Le film offre un bel éventail de situations de couple, d'adultère et autres pratiques... Un film que je n'ai pas regretté bien l'affiche me laissait croire à mieux. On notera un petit clin d'oeil au monde cruel de l'audiovisuel au service du petit écran. Pour ma part je suis allé voir ce film pour y voir Franois CLUZET et André DUSSOLLIER que j'avais adoré dans "Ne le dis à personne". Bref, un film que je ne conseille et déconseille pas. En gros : faites votre opinon seul sur ce coup.
Un film plein de grâce dont l'esthétique, la façon de dire et de présenter les images semblent être d'un autre temps. Et en même temps que de beauté et de sensualité pure ! Un film comme une rêverie sur le mythe des origines, les bergers vivent dans une sorte d'Eden, en harmonie et en étroit dialogue avec la nature. Un film comme une réflexion sur l'origine de l'Amour, la fidélité et l'infidélité amoureuse et l'ambiguïté des genres dans le sentiment amoureux... Bref moins innocent et plus profond qu'il n'y paraît, le film nous livre que l'amour (comme la vie) est indissociable des concepts d'illusion et de construction à partir du réel (comme une oeuvre d'Art d'ailleurs). Mais c'est cela aussi qui nous permet ou nous pousse à nous dépasser, laissant alors la place ou ouvrant la voie au spirituel. Bref un film étonnamment beau et maniéré (là encore sans doute une référence à l'époque du roman dont est tiré le film) porté par la grâce de ses acteurs et le Talent de son regretté auteur Eric Rohmer qui nous livre ici une réflexion intemporelle, et même étonnamment moderne, sur l'amour et le sentiment amoureux.
Rohmer prouve une fois de plus qu'il est un magicien. Sa mise en scène souple, mais sans concessions, ce parti pris du son direct auquel il tient tant, exacerbent la beauté et le naturel de ses personnages principaux, Astrée et céladon, deux splendides jeunesses. Le temps passe sans que nous le sentions. Les paroles, pourtant difficilement prononçables de nos jours, semblent couler de source. L'univers de Rohmer, comme souvent, nous absorbe sans nous demander notre avis et c'est avec volupté que nous y plongeons. Au-delà du propos, naturellement universel (l'amour contrarié, le sentiment de trahison, le rejet, l'amour retrouvé), c'est la beauté des acteurs et des images qui nous transporte. Lyrique, sensuel sans jamais frôler la vulgarité, jouant avec les mots et les apparences (le travestissement), "Les amours d'Astrée et de Céladon" nous offre d'heureuses minutes de contemplation, de battements de coeur, et enfin de béatitude. Car, bien sûr, l'amour triomphe. Rohmer aussi, cela va sans dire.
Le nouveau film d'Éric Rohmer débute par un texte défilant sur un fond blanc et verdâtre à la fois, où le réalisateur feint de s'excuser de n'avoir pu tourner l'adaptation de "L'Astrée" dans le lieu exact où se déroule l'histoire, et ce à cause de l'urbanisme qui a transformé ce coin bucolique en enfer des temps modernes. Mais s'il voulait vraiment s'excuser, Éric Rohmer aurait du aussi mentionner la photographie infecte du film, indigne des pires téléfilms, le son, à peine audible, les dialogues, totalement abscons, et la pauvreté des décors. Mais le pire n'est pas là. Le pire réside dans le jeu des acteurs, tantôt incroyablement artificiel, tantôt soporifique.
Cependant, pendant la projection, une chose miraculeuse s'est passée. Je me suis pris à rire, comme beaucoup d'autres dans la salle, devant tant de médiocrité. Le climax a été atteint lorsque Rodolphe Pauly, alias Hylas le libertin, a fait son apparition. Son jeu était tellement exagéré, tellement hors propos dans un film déjà hors propos, qu'il m'a fait comprendre le véritable dessein de Rohmer: réaliser avant sa mort, la plus grande comédie de ce début de siècle.
Au cours de ses 110 minutes, le film ne cessera de se surpasser dans sa médiocrité, et, paradoxalement, dans sa drôlerie. A la sortie de la salle, tout le monde avait un sourire grand comme ça, heureux de cette expérience exténuante, mais inoubliable.
Vous aussi qui hésitez prenez part à ce qui pourrait bien être le dernier grand canular du cinéma français.
Afreusement ennuyeux. La moitié de la salle est partie avant la fin! Le film n'a rien avoir avec la bande annonce d'ailleurs. En revanche si vous aimez le théatre (du genre vieillot et longs discours socratiques sur les Dieux ou l'Amour) ça devrait vous plaire. Sinon, passez votre chemin, et vite.
L'avertissement du début (le réalisateur pleuniche qu'il n'a pas pu trouver les jolis paysages qu'il voulait là ou l'action devait se passer à cause des méchants constructeurs de routes) est une imposture flagrante quand on voit le format utilisé (un petit carré au milieu du grand écran, et des couleurs passées). Le jeu, le phrasé, et les imparfaits du subjonctif font penser aux répétition du club théatre d'un lycée, et à certains sketches parodiques des Inconnus... En lieu et place de la subtile harmonie annoncée par certaines critiques, on trouve des grosses ficeles, et des clichés éculés (dont on ne doute pas de l'efficacité au XVIIeme siecle). On se force à ne pas rire, et on se dit que les autres aussi doivent se forcer, alors pourquoi ne pas se lacher.