Le réalisateur Jean-Luc Voulfow met en scène la balade truculente et picaresque d'un trio de parisiens que les bistrotiers de leur quartier ont chargés de ramener quelques futs du très sacré Beaujolais nouveau. Dès lors, leur voyage prend quasiment, dans sa version franchouillarde, les proportions d'une quête du Graal.
L'aventure, faite de rencontres et péripéties cocasses, sublime la liberté et l'amitié, un art de vivre en somme dont le Beaujolais est probablement pour René Fallet, l'auteur du roman adapté, un symbole populaire majeur. Jean Carmet et Michel Galabru, Pierre Mondy et le moins connu Rabah Loucif, et avec eux tous les seconds rôles, incarnent la France moyenne et profonde dans une représentation dénuée de vulgarité et qui est, en définitive, le sujet du film.
C'est amusant mais futile. Car ces personnages restent complètement anecdotiques et le scénario ne montre pas beaucoup de rigueur. Lamadule (Carmet) et les autres sont des figures fantaisistes, pas plus attachantes que ça, et on demeure assez loin des "Copains" de Jules Romains, si je peux me permettre la comparaison.