Depuis Bons baisers de Bruges, Martin McDonagh a bâti, en cinq longs métrages, une œuvre où l’humour noir est roi. Son nouveau film, Wild Horse Nine, a séduit la dernière Mostra de Venise, où John Malkovich a remporté la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine.
Peu avant le coup d'État chilien de 1973, deux agents de la CIA, Chris et Lee, sont envoyés de Santiago vers l'île de Pâques par leur supérieur, MJ. Au milieu des statues emblématiques de l'île, tandis que ces partenaires de longue date sont confrontés à leur sombre passé et aux complots en cours, Chris noue une relation avec deux étudiantes rebelles qui menace de faire basculer dans le chaos leur séjour dans ce paradis isolé…
Qu'ont pensé les spectateurs de cette nouvelle proposition de Martin McDonagh ? Sur AlloCiné, le film obtient actuellement une moyenne de 4 sur 5, basée sur 142 notes et 32 critiques.
John Malkovich au sommet
Porté par un John Malkovich magistral, ce huis clos sur l’île de Pâques enthousiasme les spectateurs. Ils saluent un humour noir et absurde qui se mêle à la grande histoire, un casting cinq étoiles et des paysages spectaculaires. Pour beaucoup, c’est du grand cinéma.
Marc-Olivier Deblanc (5/5) : "Un grand film ! Un improbable huis clos sur l’île de Pâques entre deux agents de la CIA. L’histoire intime des deux protagonistes croise la grande histoire, celle du Chili, celle des États-Unis. Les acteurs sont simplement au sommet de leur art : John Malkovich, évidemment, qui livre une de ses performances les plus bouleversantes, Sam Rockwell, Steve Buscemi, Tom Waits…"
Benoît G (5/5) : "Magnifique. Tout est extraordinaire dans ce film. Un moment de grâce, d’amitié et même un perfide point de vue historico-politique. Le scénario, la réalisation, le jeu, les images, le son sont à l’avenant. Les acteurs et actrices sont au top. À voir absolument."
69Ciel (5/5) : "Attention, chef-d’œuvre ! Comme toujours, le réalisateur se plaît à placer des personnages dans un paysage magnifique (que ce soit Ebbing, Missouri, ou ici l’île de Pâques), avec un but irréalisable ou improbable qui met un temps fou à s’accomplir, pour voir sans doute comment les choses tournent, comment ils interagissent et jusqu’où ils tiennent, mêlant dialogues absurdes, situations rocambolesques et mass shootings. Alors, moi, je suis cliente de ce type d’histoires dingos, vécues par des jusqu’au-boutistes cabossés par la vie ou leurs congénères. Casting 5 étoiles, paysages spectaculaires, reconstitution impeccable… Vous attendez quoi pour aller le voir au cinéma tout de suite ?!"
Copyright Searchlight Pictures
Carole Caberlon (4,5/5) : "John Malkovich au sommet de son art, sa diction est tellement reconnaissable, des textes ciselés à la perfection. Tom Waits grandiose dans un petit rôle."
Sylvain P du Club Allociné (4/5) : "Deux agents de la CIA barrés partent sur l’île de Pâques pour d’obscures raisons, quelques semaines avant le coup d’État de Pinochet. Mais en vrai, même si on parle beaucoup de démocratie dans cette comédie, le sujet est ailleurs : c’est un one-man-show de John Malkovich, dans la peau d’un tueur tourmenté qui aimerait quand même aller au paradis. Une petite perle de comédie."
Un huis clos qui laisse certains de marbre
Des longueurs, une intrigue ténue et des dialogues qui lassent : les spectateurs les plus réservés reprochent à Wild Horse Nine de manquer de rythme, avec un humour parfois trop appuyé.
Traversay1 du Club Allociné (3,5/5) : "Si Wild Horse Nine dézingue sans remords les activités américaines de déstabilisation, et bien pires encore, dans une grande partie du monde durant les années de guerre froide, c’est par le biais de deux agents très spéciaux, fêlés dans tous les sens du terme. On n’attend pas un film d’action, mais une variation psychologique sur un couple de tueurs plus ou moins en bout de course, qui prend parfois des allures surréalistes, sous le regard (amusé ? interloqué ? compatissant ?) des chevaux sauvages autochtones. John Malkovich se glisse avec une délectation évidente dans un rôle taillé pour lui, qui n’éclipse cependant pas les autres interprétations marquantes de Sam Rockwell, Steve Buscemi et Mariana Di Girolamo."
The CritizMan (2,5/5) : "Wild Horse Nine n’est pas foncièrement un mauvais film. Il possède quelques qualités et reste plutôt agréable à suivre, mais difficile de ne pas ressentir quelques longueurs au fil du visionnage. Le film aurait clairement gagné à être plus resserré. Une bonne trentaine de minutes en moins auraient probablement permis de rendre l’ensemble bien plus efficace et rythmé.
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Au final, c’est sympathique, mais sans plus. Un film qui aurait pu être bien meilleur avec un peu moins de temps à l’écran."
Stallworth du Club Allociné (1,5/5) : "(…) Je me suis ennuyé au possible. L’intrigue n’est absolument pas prenante, mais en réalité il n’y en a même pas véritablement. J’ai eu l’impression d’errer comme une âme en peine sur cette île de Pâques pour assister aux dialogues entre deux agents de la CIA, dont l’un perd tellement la tête qu’on se demande comment il a pu devenir agent. Et ces dialogues sont lassants : on oscille entre des réflexions philosophiques plutôt inintéressantes et des moments qui se veulent comiques, mais sont en réalité très exagérés et ne font pas sourire.
Puis on a des personnages inutiles, à l’instar de la femme de Lee. Les coups de fil entre eux manquaient tellement de fluidité, pour ne citer que ça. Bref, je ne recommande pas."
En résumé
Il faut accepter de se perdre un peu sur l’île de Pâques pour apprécier Wild Horse Nine : plusieurs spectateurs y ont trouvé des longueurs, une intrigue ténue et des dialogues qui finissent par lasser. Les autres se laissent au contraire embarquer par ce huis clos improbable entre deux agents de la CIA, où l’intime croise la grande histoire, celle du Chili et des États-Unis. L’humour noir fait mouche, les paysages impressionnent et l’ensemble repose sur un casting remarquable, John Malkovich en tête, entouré de Sam Rockwell, Steve Buscemi et Tom Waits.
Wild Horse Nine est actuellement en salles.