Avec plusieurs succès colossaux au box-office, le réalisateur oscarisé fait désormais partie de l’élite hollywoodienne : James Cameron est désormais milliardaire, selon une étude de Forbes.
Avant même sa sortie, Avatar : de Feu et de Cendres a été nommé dans la catégorie “Meilleure performance cinématographique et au box-office” aux Golden Globes, un geste qui reconnaissait que la suite très attendue de deux des trois films les plus lucratifs de tous les temps avait de fortes chances d’être le plus gros succès de l’année 2025. Le long-métrage a finalement dépassé le cap du milliard de dollars de recettes mondiales en moins de trois semaines après sa sortie. Après quatre week-ends, le film cumule environ 1,23 milliard de dollars de recettes.
Telle est la confiance accordée au réalisateur d’Avatar, James Cameron. Au cours de ses 40 ans de carrière, le cinéaste de 71 ans a pris des risques de plus en plus importants sur ses projets, faisant face à des attentes démesurées pour toujours produire un véritable carton au box-office. Depuis les années 1980 avec Terminator et Aliens, le retour, en passant par Titanic et les deux premiers Avatar, les films de Cameron ont rapporté près de 9 milliards de dollars au box-office mondial. Sa part de recettes constitue l’essentiel de sa fortune personnelle, estimée par Forbes à 1,1 milliard de dollars en décembre dernier (avant la sortie du troisième volet d’Avatar, qui poursuit encore sa course au box-office mondial).
Quand la passion surpasse l’argent
Ce chiffre fulgurant place alors James Cameron dans le cercle très restreint des cinéastes milliardaires, aux côtés de George Lucas, Steven Spielberg, Peter Jackson et Tyler Perry. Contrairement à ces derniers, qui bénéficiaient d’accords importants ou de sources de revenus en dehors d’Hollywood, Cameron a atteint ce statut presque exclusivement grâce au succès de ses films. Pourtant, dans ses interviews, il nie toute mention de sa fortune.
“J’aimerais être milliardaire”, a déclaré Cameron lors d’une interview podcast avec Matt Belloni pour le média Puck. “Être milliardaire suppose, premièrement, des accords qui n’ont jamais existé, et deuxièmement, que je n’ai jamais dépensé un centime en 30 ans.”
Même en tenant compte de ses nombreuses explorations sous-marines, de ses actions philanthropiques en faveur de la conservation et de ses transactions immobilières – sans oublier sa longue tradition de sacrifier ou de risquer ses propres revenus pour conserver le contrôle créatif –, Forbes estime que ses salaires, sa participation aux bénéfices, les revenus de licences pour les parcs d’attractions et les jouets associés à ses films, ainsi que la valeur de ses actions dans sa société de production Lightstorm Entertainment compensent largement la différence.
Et dans les mois à venir, sa fortune devrait encore croître. Forbes estime que le cinéaste pourrait empocher au moins 200 millions de dollars (avant impôts et frais) grâce à Avatar : de Feu et de Cendres, si le film atteint les objectifs ambitieux fixés au box-office en fin de course.
Des débuts modestes à Terminator : le premier pari gagnant
C’est une ascension fulgurante pour celui qui, un temps, a abandonné ses études et travaillait comme chauffeur routier au début de la vingtaine avant de décrocher un poste d’assistant de production chez New World Pictures de Roger Corman, un emploi qui, selon ses dires, lui rapportait 175 dollars par semaine. Le premier film réalisé par Cameron, Piranha 2 - Les Tueurs volants (1981), ne fut guère plus lucratif, d’autant plus qu’il fut renvoyé deux semaines après le début du tournage pour divergences artistiques et ne reçut que la moitié des 10 000 dollars promis.
Sa grande chance arriva trois ans plus tard avec Terminator, une idée qui, dit-il, lui vint lors d’un rêve fiévreux alors qu’il était malade à Rome et travaillait sur Piranha 2. En échange de la garantie de pouvoir réaliser le film, Cameron prit son premier risque majeur et vendit son scénario à la productrice Gale Anne Hurd pour un dollar symbolique. Le film rapporta 78 millions de dollars dans le monde entier pour un budget de 6,4 millions, lançant sa carrière ainsi que celle d’Arnold Schwarzenegger, et inaugurant une franchise qui a aujourd’hui rapporté plus de 2 milliards de dollars au box-office. Il enchaîne ensuite avec Aliens, le retour (1986), qui rapporte 131 millions de dollars pour un budget annoncé de 18 millions, et Abyss (1989), qui engrange 90 millions de dollars pour un budget annoncé de 70 millions.
James Cameron est le cinquième cinéaste à rejoindre le club des milliardaires, après Steven Spielberg, nommé milliardaire par Forbes en 1994. Voici comment il se compare à ses concurrents à Hollywood.
De Terminator à Titanic : l’obsession du perfectionnisme
La question de l’argent – coûts et recettes de ses films – a toujours été centrale dans la carrière de Cameron. Il s’est forgé une réputation de perfectionniste acharné : “J’étais un vrai connard dans les années 80”, a-t-il récemment déclaré, dépassant souvent les budgets tout en réussissant à transformer ses films en succès commerciaux.
En 1991, Terminator 2 : Le Jugement Dernier fut la production hollywoodienne la plus chère de l’époque (plus de 90 millions de dollars), grâce aux premières images de synthèse (CGI). Le film rapporta plus de 500 millions de dollars au box-office mondial et généra des millions supplémentaires via les ventes de VHS à 99,95 dollars. Cameron toucha 6 millions de dollars et signa un contrat de 500 millions avec la Fox pour financer sa société Lightstorm Entertainment.
20th Century Fox
Avec True Lies, le budget initial de 40 millions dépassa le plafond de 70 millions, atteignant plus de 100 millions. Le réalisateur renégocia son contrat pour permettre au studio de récupérer une partie de l’investissement. Le film rapporta 378 millions de dollars dans le monde. “Cela m’a coûté personnellement de dépenser plus d’argent pour [True Lies]”, déclara-t-il. “Pour moi, le désir de créer le meilleur film possible l’emporte toujours. Je ne peux tout simplement pas me contenter de moins que ce que j’estime nécessaire. C’est impossible. C’est une véritable obsession. Et cette mentalité est ancrée chez tous ceux qui travaillent sur le film, à tous les niveaux. Du coup, tout le monde investit davantage pour l’améliorer.”
Titanic (1997) dépassa 200 millions de dollars de budget. Cameron proposa de renoncer à son salaire de 7 millions et à sa part des recettes. Malgré les craintes, le film rapporta 1,8 milliard de dollars en salles et 800 millions en VHS. Le cinéaste toucha environ 150 millions de dollars. “La confiance de Jim n’a jamais faibli”, a confié le producteur Josh McLaglen. Titanic remporta 11 Oscars, et Cameron prononça la réplique phare de son film sur scène : “Je suis le roi du monde !”
Avatar et l’ascension vers le club des milliardaires
Pour Avatar, la Fox doutait de la faisabilité technologique. James Cameron investit dans des systèmes de caméra 3D et de capture faciale : “Il développait des outils et perfectionnait quelque chose de nouveau chaque jour”, témoigne Candice Alger, qui a travaillé sur des technologies de capture de mouvement pour des projets de Cameron. Le film rapporta près de 3 milliards de dollars au box-office en 2009. Le principal intéressé, lui, gagna plus de 350 millions de dollars grâce aux recettes et ventes de DVD/Blu-ray, ainsi que des revenus supplémentaires via licences et produits dérivés.
Ces revenus lui ont alors permis d’investir dans la protection de l’environnement et l’exploration sous-marine. Il vit désormais en Nouvelle-Zélande et continue de travailler sur des technologies 3D et l’intelligence artificielle.
Sa passion pour le cinéma reste intacte. Après avoir réalisé Avatar : La voie de l’eau (2022), qui rapporta 2,3 milliards de dollars, et désormais Avatar : de Feu et de Cendres, James Cameron a confirmé ses projets pour les suites d’Avatar. “C’est dingue, non ? Si le premier film n’avait pas rapporté autant d’argent, on n’en serait jamais là. C’est complètement fou !”
Aliens, le retour, True Lies, Titanic et les deux premiers Avatar sont à retrouver en streaming sur Disney+. Terminator et Terminator 2 sont, quant à eux, disponible sur HBO Max ou en VOD. Pour le troisième volet, direction les salles de ciné.
AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.