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dominique P.
831 abonnés
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3,5
Publiée le 7 novembre 2017
Cette histoire se passe en 1971 en Suisse et l'atmosphère de l'époque est bien rendue. On suit avec plaisir cette histoire sur l'émancipation souhaitée par des femmes, malgré le patriarcat et les réticences. Le film s'avère toutefois un peu désuet mais c'est normal et assez lent. Je m'attendais à un rythme plus percutant et à des dialogues plus corrosifs mais j'ai bien aimé dans l'ensemble.
Fait pour le moins extrêmement rare : voir débarquer un film de nos cousins helvètes dans nos contrées. Et c’est, paradoxalement, un film qui narre le combat des femmes pour obtenir le droit de vote dans un pays pourtant réputé pour être en avance sur beaucoup de choses au niveau des droits sociaux et de la démocratie, mais finalement bien en retard en ce qui concerne l’égalité des sexes. « Les Conquérantes » fait donc figure d’une piqûre de rappel importante et nécessaire pour une lutte pas si vieille que ça. On suit donc sans s’ennuyer une seule seconde et avec un sens du tempo aiguisé et un souci de réflexion optimal ce groupe de femmes menées par une Marie Leuenberger en tous points parfaite. D’ailleurs, on apprécie que les personnages soient assez fouillés pour ne pas être de simples caricatures destinées à cocher les différentes cases de la femme révoltée d’alors.
Ce film aux allures de feel-good movie a le mérite d’être instructif sans tomber dans l’écueil d’un didactisme excessif. Cependant, il revêt la trame narrative classique de ce genre de productions avec un sempiternel schéma déroulant prémices, galères, espoir, déception puis victoire. En cela, le long-métrage nous fait penser - en nous laissant un léger arrière-goût de déjà-vu – à tout un pan du cinéma anglais à la fois social et sociétal tendance « Pride », « We want sex equality » ou « The Full Monty ». Mais c’est plutôt de bonne inspiration pour une œuvre d’une nationalité cinématographique si rare que celle de la Suisse. Surtout qu’on ressent bien le contexte helvète à travers de jolis paysages et une belle patine à l’ancienne qui donne aux images un joli aspect suranné, renforcé par des décors pétris du charme d’antan.
On sourit tout autant que l’on s’émeut devant quelques-unes des mésaventures de ces femmes pour faire reconnaître leurs droits. L’esprit fermé des paysans de l’époque, du à des siècles d’héritage patriarcal, peut d’ailleurs encore faire écho aujourd’hui dans certains pays. On reconnait à la réalisatrice de ne cependant jamais verser dans l’émotion forcée malgré quelques scènes un peu plus tire-larmes. Le fait de rajouter au combat pour le droit de vote une vignette sur l’émancipation sexuelle de la femme semble en revanche inutile, voire hors-sujet car elle n’est pas traitée assez en profondeur et apparaît comme un clin d’œil qui dénote. « Les Conquérantes » est donc un film plaisant à défaut d’être renversant qui fait passer un bon moment, ni plus ni moins.
Et pan sur le bec de ceux qui pensent que la démocratie suisse a toujours été en avance sur les autres. En 1971, un référendum doit décider si le droit de vote peut être accordé aux femmes. Eh oui, en ces temps de libérations tous azimuts, de protestations et de révolutions, les helvètes restaient underground, et s'en tenaient à "l'ordre divin" (titre d'origine du film de Petra Volpe). Le tableau que Les conquérantes peint de la situation dans un petit village de la Suisse alémanique pourrait passer pour une caricature, avec ses femmes au foyer et leurs hommes qui décident de tout, et pourtant ... Le film oscille entre la comédie et le drame, avec quelques sous-intrigues inutiles (l'adolescente fugueuse), mais réussit à capter l'essence de l'époque avec un ton et une narration qui ne sont pas sans rappeler les meilleures réussites britanniques en la matière. Loin d'être une gravure de mode, l'héroïne, qui s'émancipe au fur et à mesure dans la lutte pour l'égalité des sexes, est touchante, maladroite et enthousiasmante. Le film ne séduit pas par sa mise en scène, pas assez vallonnée, mais par ses dialogues simples et des moments jubilatoires et/ou émouvants où une petite larme pourra perler au coin des cils, pour les plus sensibles, en tous cas. Les conquérantes est un feel good movie militant qui a son mot à dire dans un monde où la pseudo loi divine domine encore trop souvent. Le film n'a rien de didactique mais rappelle, à sa modeste mesure, que la victoire des femmes a toujours été, et le reste encore, un long combat contre les préjugés et la tradition.
Nora vit dans le canton d'Appenzell, dans la Suisse rurale. Sa vie n'est pas malheureuse, entre un mari qu'elle aime, deux garçons qu'elle bichonne et un beau-père qu'elle supporte tant bien que mal. L'approche d'une votation sur le droit de vote des femmes lui fera progressivement prendre conscience de l'ordre patriarcal auquel elle est soumise.
Les Suissesses ont obtenu le droit de vote en... 1971 seulement. Le sujet méritait un film, double seventies des "Sufragettes" qui traitait, avec Carey Mullingan, Helena Bonham Carter et Meryl Streep de la douloureuse reconnaissance du droit de vote des femmes au Royaume-Uni soixante ans plus tôt.
Sans doute "Les Conquérantes" n'est-il pas dépourvu de manichéisme ni de bons sentiments. Tous les personnages sont caricaturaux, depuis l'héroïne Nora qui troque sa jupe sage et couvrante pour des jeans en pattes d'eph, ses sœurs en féminisme qui découvrent avec une joie honteuse les secrets de leur anatomie, les hommes qui l'entourent qui constituent une palette représentative des réactions que suscite son activisme révolutionnaire.
Sans doute aussi le scénario est-il largement prévisible qui raconte une histoire dont l'issue nous est par avance connue (le Oui l'emportera par 65.7 % des votants - exclusivement masculins - le 7 février 1971). Évolution prévisible de Nora qui ne pousse pas l'esprit de rébellion jusqu'à la rupture. Évolution prévisible des secondes rôles : la belle-sœur qui souffre en silence des violences de son mari, la vielle féministe qui rejoue en 1971 la votation perdue de 1959, la belle Italienne qui incarne à elle seule la condition doublement minoritaire d'immigrée et de femme, etc.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Et quand bien même trois étoiles sont bien payées pour ce film qui n'est pas de la trempe de ceux auxquels je les ai décernés récemment, accordons-les lui bien volontiers pour le plaisir qu'on a pris à sa vision.
Allant jusqu'à faire part de la pré-liste pour les Oscars du meilleur film étranger en 2017, « Les Conquérantes » possède une qualité déterminante : son sujet. On a beau voir exactement ce que l'on s'attend à voir, ce choix de la légèreté (mais pas trop) permet à une œuvre entièrement portée par son histoire de susciter une évidente sympathie, faisant la part belle à ses personnages (notamment féminins, bien sûr), au contexte presque irréel de la situation, voyant des citoyennes privées d'un droit fondamental par des arguments aussi aberrants que moyenâgeux, que la réalisatrice a l'intelligente idée de faire incarner par... une femme. Les interprètes sont bien choisies, car justement pas trop belles ou sophistiquées, et si l'on se serait passé de cette ode à l'émancipation sexuelle quelque peu envahissante (même si, au vu du contexte, elle peut se justifier), malgré une mise en scène presque anonyme, cela fonctionne (le discours « décisif » de l'héroïne durant l'enterrement de son amie est très juste), le choix de faire d'une « convaincue » sur le tard la leader des « féministes » se révélant judicieux. Sans surprise, donc, mais aimable.
Un bon film assurément , la reconstitution de ce village de la campagne Zurichoise est très réussi. Nous sommes juste après mai 1968, mais la libération des moeurs n'a pas encore sonné au clocher de ce village. Les femmes n'ont pas beaucoup la parole, et puis une jeune fermière ,sans être une "passionaria", va petit à petit vouloir s'émanciper, en travaillant d'abord, et puis en réclamant une libération sexuelle. Le film est juste et touchant , et l'ensemble des acteurs est excellent.Il n'y a pas de manichéisme, et le film est fidéle aux événements tout en gardant une bonne dose d'humour . Une réussite.
Nous sommes en 1971. Toute l’Europe a accordé le droit de vote aux femmes... Toute? Non! Un petit pays d'irréductibles montagnards résiste encore et toujours au progressisme !
Le ton de la comédie est donné d’entrée. Les Conquérantes s’ouvre sur une succession d’images d’archives qui retracent les mouvements d’émancipation qui secouent le monde à cette période (mai 68, Woodstock, etc.), avant de passer brutalement à ce petit village suisse où il ne se passe… rien. Le débat autour du référendum sur le droit de vote des femmes à venir ne déchaîne pas les passions, puisque même la majorité des intéressées semble y être opposée. Pourtant, des idées d’indépendance font lentement leur chemin dans l’esprit de Nora, principale protagoniste et femme au foyer, qui n’avait jusqu’à ce jour jamais songé à remettre en question l’ordre établi.
La suite ici : https://coupdecine.blogspot.fr/2017/11/les-conquerantes-2017-on-connu-les.html
Nous sommes en 1971. Toute l’Europe a accordé le droit de vote aux femmes... Toute? Non! Un petit pays d'irréductibles montagnards résiste encore et toujours au progressisme !
Le ton de la comédie est donné d’entrée. Les Conquérantes s’ouvre sur une succession d’images d’archives qui retracent les mouvements d’émancipation qui secouent le monde à cette période (mai 68, Woodstock, etc.), avant de passer brutalement à ce petit village suisse où il ne se passe… rien. Le débat autour du référendum sur le droit de vote des femmes à venir ne déchaîne pas les passions, puisque même la majorité des intéressées semble y être opposée. Pourtant, des idées d’indépendance font lentement leur chemin dans l’esprit de Nora, principale protagoniste et femme au foyer, qui n’avait jusqu’à ce jour jamais songé à remettre en question l’ordre établi.
La suite ici : https://coupdecine.blogspot.fr/2017/11/les-conquerantes-2017-on-connu-les.html
Les inégalités hommes/femmes sont bien exposées et les revendications aussi. A voir même si ce n'est pas un chef d'oeuvre. Cela nous rappelle que rien n'est aquis et qu'il faut continuer à se battre.